Véranda avec mur plein : guide complet pour choisir, concevoir et chiffrer votre projet

Achat09/02/26Jean Valjean10 min
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Véranda avec mur plein : guide complet pour choisir, concevoir et chiffrer votre projet

Une véranda avec mur plein est une véranda dont une partie des façades n’est pas vitrée, mais réalisée en maçonnerie ou en panneaux pleins, sur une hauteur variable (du simple muret à un mur pleine hauteur). Ce choix vise généralement deux objectifs concrets: mieux maîtriser l’isolation thermique (et, souvent, l’acoustique) tout en gagnant des surfaces « meublables » pour l’aménagement. En contrepartie, vous devez arbitrer la luminosité, la complexité des jonctions (étanchéité, ponts thermiques) et un budget souvent supérieur à une véranda entièrement vitrée.

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En bref

  • Performance: une véranda avec parois pleines améliore la régulation thermique (ordre de grandeur évoqué: 30 à 40 % par rapport au tout-verre), avec un usage plus facile 12 mois sur 12, sous réserve d’une mise en œuvre soignée.
  • Lumière: un muret bas préserve typiquement 85 à 90 % de l’apport lumineux, alors qu’un mur plus haut augmente l’intimité mais réduit la transparence.
  • Budget: fourchettes observées de 1 050 à 2 140 EUR/m² (autres repères: 900 à 1 300 EUR/m² avec muret, 1 300 à 2 200 EUR/m² avec mur plein complet, 1 500 à 2 500 EUR/m² en toit plat). Pour 20 m², un global indicatif revient souvent entre 15 000 et 25 000 EUR, quand une 20 m² tout-verre démarre autour de 12 000 EUR.
  • Administratif: en principe déclaration préalable entre 5 et 20 m², permis de construire au-delà de 20 m² (règles renforcées possibles en zone protégée, parfois dès 5 m²). Délai moyen à anticiper: 3 à 6 mois.

Véranda avec mur plein: de quoi parle-t-on exactement ?

Dans les usages du bâtiment, l’expression recouvre deux réalités qu’il convient de distinguer dès le devis. D’une part, la véranda avec muret, dite aussi muret de soubassement, où la partie basse est pleine et la partie haute vitrée. D’autre part, la véranda comportant un mur pleine hauteur sur une ou plusieurs faces, ce qui rapproche l’extension d’une pièce plus « classique » sur le plan de l’intimité et de l’aménagement.

Les hauteurs usuelles de murets se situent fréquemment entre 50 et 80 cm (on rencontre aussi 50 à 90 cm), avec des variantes où un côté peut monter jusqu’à 120 cm selon l’usage attendu. Plus le muret est bas, plus la luminosité est préservée; plus il est haut, plus l’isolation et la discrétion progressent, mais avec un impact visuel et lumineux plus marqué.

La toiture et l’ossature se déclinent en toit plat ou toit à pente, avec des structures en aluminium ou en bois. Côté « paroi pleine », on rencontre des solutions maçonnées (parpaing, brique, pierre, béton cellulaire) et des solutions industrialisées, notamment des panneaux sandwich (par exemple, en aluminium, avec une épaisseur courante évoquée de 32 mm).

Avantages, limites et points de vigilance (ce qui fait la différence au quotidien)

Sur le plan fonctionnel, l’intérêt principal d’un mur plein est la régulation thermique. Les repères communiqués évoquent une amélioration de l’ordre de 30 à 40 % par rapport à une véranda tout-verre, et la possibilité d’un usage 12 mois sur 12 grâce à l’inertie apportée par les parois pleines, à condition de traiter l’isolation et l’étanchéité de manière cohérente.

Vous gagnez également en aménagement: un mur permet d’adosser des meubles, de prévoir plus simplement prises, radiateurs ou passages techniques, et de disposer de surfaces d’accroche plus robustes. L’intimité et l’acoustique s’en trouvent souvent améliorées, avec un entretien potentiellement réduit sur les surfaces vitrées puisque celles-ci sont moins étendues.

Au regard des repères de valorisation indiqués, une véranda avec muret est associée à une hausse de valeur de l’ordre de +10 à +15 %, contre +5 à +8 % pour une véranda tout-verre, étant rappelé qu’il s’agit de valeurs indicatives qui dépendent du marché local et de la qualité de réalisation.

Les contraintes doivent toutefois être appréciées avec méthode. Le budget est généralement supérieur: un surcoût de 15 à 25 % est mentionné par rapport à une véranda tout-verre. La technique est aussi plus exigeante, car les jonctions mur-verrière exposent à des risques de ponts thermiques (zones où l’isolation est rompue), de condensation et de défauts d’étanchéité, si les rupteurs, joints et bandes d’arase ne sont pas correctement mis en œuvre et maintenus.

Attention: l’ajout de murets sur une véranda existante est fréquemment coûteux. Les repères évoquent un ordre de grandeur de 60 à 70 % du coût d’une véranda neuve, ce qui impose de chiffrer avant de décider. Dans ma pratique de relecture de devis, j’ai vu des projets « d’amélioration » basculer en quasi-reconstruction dès lors que la dalle ou les appuis ne permettaient pas une reprise correcte, d’où l’intérêt de l’audit initial et d’un descriptif technique très cadré.

Choisir le matériau du mur ou muret: tableau comparatif

Matériau Prix indicatif au m² Atouts Contraintes d’entretien
Parpaing 50 à 60 EUR/m² Économique Nécessite en général un doublage isolant
Brique 60 à 90 EUR/m² Inertie, esthétique Entretien moyen
Pierre (moellon) 80 à 120 EUR/m² Durable, esthétique Joints à contrôler tous les 3 à 5 ans, hydrofuge tous les 10 ans
Béton cellulaire 70 à 85 EUR/m² Bon isolant, léger Performances annoncées conservées 20 à 30 ans (à vérifier au contrat)
Ossature bois 65 à 95 EUR/m² Chantier sec, esthétique Lasure ou peinture tous les 5 à 8 ans
Panneaux sandwich aluminium (ex. 32 mm) Surcoût isolation +15 à +20 % Isolation, finition rapide Surcoût à intégrer au chiffrage

À noter: des incohérences tarifaires peuvent apparaître selon les sources et les périmètres (matériau seul, fourniture posée, finition incluse). Des valeurs nettement plus élevées sont aussi évoquées pour certains matériaux (par exemple brique 400 à 600 EUR et pierre 500 à 700 EUR). Il convient donc, avant arbitrage, de demander des prix localisés et un devis détaillé poste par poste, afin de comparer ce qui est comparable.

Isolation, luminosité et condensation: objectifs et arbitrages

Le muret bas est souvent choisi pour un compromis: il préserve environ 85 à 90 % de l’apport lumineux tout en créant une coupure thermique en partie basse. À l’inverse, un mur plus haut renforce l’intimité et peut limiter l’effet de paroi froide, mais il diminue mécaniquement les surfaces vitrées.

Concernant l’énergie, deux ordres de grandeur coexistent dans les repères: une amélioration de la régulation thermique de 30 à 40 % et, dans une autre occurrence, des économies de facture évoquées à 20 à 25 %. Cette divergence s’explique généralement par les paramètres de comparaison: type de vitrage, continuité de l’isolation, surface vitrée restante, qualité des jonctions, habitudes d’usage. Dans le doute, vous avez intérêt à raisonner en scénarios et à exiger des valeurs de performance communiquées par le fabricant, notamment les U-values (coefficient de transmission thermique) annoncées pour les menuiseries et les panneaux.

Sur la mise en œuvre, les prescriptions pratiques convergent vers trois exigences: continuité de l’isolation, étanchéité des jonctions et gestion de l’hygrométrie. Un doublage isolant intérieur de l’ordre de 60 à 120 mm est mentionné selon l’objectif de performance, avec des solutions de type EPS (polystyrène expansé) ou laine minérale. Des rupteurs de pont thermique, des bandes d’arase étanches et des joints compressibles sont à prévoir aux interfaces mur-verrière, puis à contrôler dans le temps.

Enfin, la condensation se traite par conception. Des entrées d’air basses et des sorties hautes sont recommandées, avec la possibilité d’intégrer des grilles dans le muret. Une VMC (ventilation mécanique contrôlée) est indiquée comme solution de prévention, notamment lorsque la véranda devient une pièce de vie chauffée.

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Combien ça coûte: fourchettes utiles et méthode de chiffrage

Pour établir un budget réaliste, il est préférable de s’appuyer sur plusieurs repères et d’identifier ce qui fait varier le prix. Les fourchettes observées pour une véranda avec mur plein ou muret se situent notamment entre 1 050 et 2 140 EUR/m² (moyenne générale), avec des sous-ensembles indiqués comme 1 050 à 1 560 EUR/m² (aluminium avec muret parpaing) et 1 370 à 2 140 EUR/m² (bois avec muret brique). D’autres repères existent: 900 à 1 300 EUR/m² pour une véranda avec muret, 1 300 à 2 200 EUR/m² pour un mur plein complet, et 1 500 à 2 500 EUR/m² pour des configurations en toit plat.

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Pour 20 m², un coût global indicatif revient souvent entre 15 000 et 25 000 EUR. À titre comparatif, une véranda entièrement vitrée de 20 m² est indiquée comme démarrant autour de 12 000 EUR. Ces montants restent dépendants de la structure, du vitrage, de la toiture, des finitions et des adaptations au bâti existant.

Pour chiffrer sans angle mort, il convient de décomposer les postes. Une dalle béton isolée est mentionnée à partir d’environ 130 EUR/m² minimum, à compléter par fondations, maçonnerie du muret ou du mur, ossature, vitrage, toiture, menuiseries, main d’œuvre, finitions, et taxe d’aménagement (qui s’applique sur la totalité de la surface créée). Si vous choisissez des panneaux sandwich, un surcoût d’isolation de +15 à +20 % est à anticiper. Si vous envisagez d’ajouter un muret sur une véranda existante, l’ordre de grandeur de 60 à 70 % du coût du neuf doit être intégré dès l’avant-projet.

Urbanisme, délais, garanties: cadre à sécuriser avant signature

Les autorisations d’urbanisme sont un passage obligé. En principe, une véranda créant une surface comprise entre 5 et 20 m² relève d’une déclaration préalable de travaux. Au-delà de 20 m², un permis de construire est requis. En zone protégée (secteurs sauvegardés, proximité d’un bâtiment classé), les exigences peuvent être renforcées, avec un permis susceptible d’être requis dès 5 m² et, selon les cas, l’intervention de l’ABF (Architecte des Bâtiments de France). Les délais administratifs moyens à anticiper sont indiqués entre 3 et 6 mois, selon la complexité du dossier et la zone.

Sur les performances, il est demandé de vérifier la conformité des gammes proposées au regard des exigences de la RT2012 (réglementation thermique), via les certifications et performances communiquées. Côté assurances, dès lors qu’il y a structure, reprise de charges ou ouverture dans un mur porteur (pose d’une poutre métallique de type IPN ou IPE), la démarche prudente consiste à exiger une assurance décennale et un descriptif technique complet, avec plans d’exécution.

Comparer les devis: une checklist courte mais opérante

  • Devis détaillé: fondations, dalle isolée, maçonnerie, ossature, vitrage, toiture, main d’œuvre, finitions, taxes, et la mention explicite des options (VMC, plancher chauffant, puits de lumière, IPN si ouverture).
  • Technique des jonctions: présence des bandes d’arase, joints compressibles, rupteurs thermiques, et modalités de contrôle (notamment vérification périodique des joints).
  • Études et garanties: étude de sol, étude de structure, étude d’ensoleillement si proposée, plans, et justificatifs d’assurance décennale pour les travaux concernés.
« Un devis de véranda n’est pas seulement un prix au mètre carré. C’est un engagement sur des fondations, des jonctions et une ventilation, autrement dit sur votre confort et vos risques futurs de condensation. »

Bon à savoir: certains professionnels proposent une étude d’ensoleillement sans surcoût. Pour mettre toutes les chances de votre côté, demandez plusieurs chiffrages et comparez les descriptifs techniques, pas uniquement le total.

À propos de l'auteur

Jean Valjean

Jean Valjean

Je suis Jean Valjean, auteur au ton informatif et institutionnel, spécialisé dans les démarches et règles du logement, du foncier et de la gestion immobilière. J’explique les procédures de façon pédagogique et prudente, en définissant les sigles et en signalant les points de vigilance pour sécuriser vos décisions.